Interview croisée

Découvrez les musicien·ne·s de 2e2m à travers une série d’interviews croisées entre générations d’interprètes.
Épisode 2 —Les percussionnistes Alain Huteau, Clément Delmas et François Vallet
Alain Huteau
Comment es-tu arrivé(e) à 2e2m et combien d’années as-tu joué à l’ensemble ? Quelle part a représenté 2e2m dans ton activité globale ?

Alain Huteau— Comment je suis arrivé à 2e2m ? Je ne dirais pas contre mon gré mais presque ! Parce que mes premières années en tant que musicien, et même pendant mes études, ont été consacrées pendant presque dix ans, au showbiz, à la variété, à la télé, aux enregistrements, au music-hall, etc. J’avais été appelé une fois à la fin de mes études pour faire un concert avec 2e2m mais j’avoue qu’à ce moment-là je n’étais pas du tout dans ce milieu et ça ne m’avait pas du tout plu. Et je ne m’en étais pas caché ! Donc évidemment pendant des années on ne m’a pas rappelé. Et puis un jour, Gérard Pérotin, l’un des grands percussionnistes qui était à l’ensemble avant moi, m’appelle en me disant : je sais que ça t’intéresse pas trop, mais on a besoin de quelqu’un… Et j’ai accepté parce que ça arrivait dans une période où finalement le showbiz m’intéressait moins, j’en avais fait un peu le tour et je me suis dit pourquoi pas. Et c’est comme ça que ça a commencé. C’était en 1983. Et finalement j’ai appris la musique contemporaine avec l’ensemble parce qu’à l’époque de mes études au CNSM, l’enseignement était encore très classique et la musique contemporaine y était quasiment inexistante. Donc j’ai tout appris avec 2e2m et les autres musicien·ne·s de l’ensemble. Et quand Gérard Pérotin a décidé d’arrêter, c’est moi qui ai pris le relais et j’y suis resté jusqu’à l’année dernière, en 2025. Ça fait pas mal d’années de bons et loyaux services où j’ai aussi énormément appris. Parce que cette musique créative, ces sons, m’ont ouvert plein d’horizons. Et progressivement la musique de création a pris une part de plus en plus importante jusqu’à devenir une activité prioritaire. S’il y avait un concert ou un spectacle avec 2e2m ça passait avant le reste de mes activités. Donc j’ai passé beaucoup de temps à l’ensemble avec grand plaisir !

Quel regard as-tu sur toutes ces années passées à 2e2m ?
Ça a été de très bonnes années. Après, comme dans un couple, il y a eu quelquefois des moments où ça allait mieux et d’autres moins bien. Avant quand j’évoluais dans le milieu du showbiz, on arrivait dans un studio ou sur un plateau télé, on faisait le job et puis voilà, on rentrait à la maison. Là, c’était un ensemble. Il y avait non seulement la découverte des musiques écrites par les compositeur·rice·s, mais aussi le plaisir de retrouver toute l’équipe, que ce soit les musicien·ne·s mais aussi l’administration. On formait une famille. Et c’est peut-être ce qui a été le plus difficile pour moi de quitter il y a un an. Mais il y a un moment où il faut savoir passer la main aux jeunes générations pour qu’ils défendent cette musique et l’ensemble, je l’espère, encore pendant des décennies. En tout cas, pour moi, toutes ces années à l’ensemble ont été formidables !
Comment perçois-tu l’évolution de la musique contemporaine jusqu’à aujourd’hui ?

Je ne sais pas si on peut parler d’évolution ou plutôt de changement complet. Parce qu’il y a eu évidemment les pionniers de la musique contemporaine, de l’après-guerre mondiale à la fin du vingtième siècle, qui ont découvert et imaginé plein de choses. Puis, dans les années 80-90, l’arrivée de l’électronique, des ordinateurs et des logiciels d’écriture, qui a été un profond changement. Après, il y a toujours eu des compositeur·rice·s avec un langage précis et on a eu la chance de rencontrer de grands compositeur·rice·s, d’échanger avec eux·elles. Ensuite il y a aussi eu le développement des classes de composition un peu partout dans des conservatoires, ce qui n’existait absolument pas avant, et évidemment en sont sortis de nouveaux·lles compositeur·rice·s. Donc, je crois que, plus qu’une évolution, c’est un changement radical dans cette musique.

Quels sont tes souvenirs les plus marquants, tes rencontres les plus fortes avec des compositeur·rice·s ? As-tu une anecdote à partager, lors d’un projet ou un voyage ?

On a rencontré évidemment beaucoup de compositeur·rice·s ⎼ Messiaen, Boulez, Dussapin, Berio, Kagel et tant d’autres ⎼ qu’on a côtoyés, avec qui on a travaillé. Mais celui qui m’a le plus marqué et qui, pour moi, est l’un des plus importants de cette époque, c’est Paul Méfano, le créateur de l’ensemble. Son écriture était formidable. Et ça a été pour moi un grand honneur de le connaître, de le côtoyer. Et avoir mon nom sur l’enregistrement de Micromégas, son opéra, pour moi c’était formidable. C’est une œuvre incroyable qui, malheureusement, n’a pas été beaucoup reprise, non pas pour des raisons musicales mais économiques. C’était un personnage truculent !

Et justement, j’ai une anecdote avec lui lors de notre premier voyage à Taïwan où un compositeur ou une compositrice, je ne sais plus, voulait qu’on porte des tenues incroyablement kitsch et, soyons honnête, particulièrement moches. Déjà, rien que d’enfiler cette tenue, c’était drôle. On a joué le jeu mais non sans mal ! Déjà pour notre entrée sur scène, on devait suivre notre flûtiste Pierre Roullier, un peu comme le joueur de flûte de Hamelin des contes de Grimm. C’était tellement drôle avec nos tenues, on en avait les larmes aux yeux. Une fois installés, plus ou moins sérieusement, on commence à s’accorder et on attend le chef. Et là apparaît Paul Méfano, affublé d’une chasuble incroyable et avec une couronne sur la tête mise à l’envers ⎼ on n’a d’ailleurs jamais su s’il l’avait fait exprès ou non ! Lui était très sérieux mais, nous, on était morts de rire, on ne pouvait plus jouer en fait ! Au final on a réussi à jouer la pièce, je ne sais pas comment, parce qu’on pouvait à peine le regarder. C’était tellement incroyable et improbable ! Donc, ça, c’est vraiment un de mes grands souvenirs à la fois de lui et de l’ensemble.
2e2m a traversé les époques et continue à exister dans le paysage actuel. Comment perçois-tu cette nouvelle génération d’interprètes qui arrivent et qu’est-ce que tu aimerais leur transmettre ?
Cette nouvelle génération est très brillante et joue magnifiquement bien ! Tout à l’heure j’évoquais le CNSM, mais entre celui de mon époque et actuellement, ça n’a plus rien à voir. L’ouverture des professeurs à cette musique, ça a beaucoup joué sur la formation des jeunes. Ils sont très performants et, tout comme nous avant, ils vont faire leur propre chemin, peut-être avec plus de facilité et plus d’ouverture aussi. Donc je n’ai pas vraiment de conseils à leur donner. À part, et ça vaut pour tous les musicien·ne·s, pas que les percussionnistes, garder leur curiosité, dans tous les domaines, dans l’art bien sûr, mais aussi dans les rencontres. Car toutes ces rencontres vont les nourrir. C’est cette expérience qui leur permettra de se réaliser complètement et fera d’eux de meilleur·e·s musicien·ne·s. Donc, un seul « conseil » : être curieux.
Clément Delmas
Peux-tu résumer ton parcours et expliquer ce qui t’amène à jouer dans un ensemble de création comme 2e2m ?

Clément Delmas— J’ai un parcours classique, de conservatoire en conservatoire. Et puis je suis arrivé dans l’ensemble par mon premier professeur, Alain Huteau, qui a vu en moi, je pense, certaines capacités d’adaptation et de souplesse, nécessaires pour participer à ces créations.

As-tu une anecdote de ta rencontre avec les musicien·ne·s de 2e2m quand tu es arrivée ?

On a souvent des installations un peu surprenantes en percussion. Et je me rappelle surtout des fous rires avec Alain (Huteau) quand on se retrouve avec je ne sais combien de baguettes différentes dans les mains. Je le vois encore avec des archets collés à un bâton pour essayer de jouer du vibraphone dans des situations un peu abracadabrantes ou encore de voir le grand Vincent Limousin très concentré avec un tout petit harmonica dans la bouche. J’ai toujours bien aimé ce contraste entre la difficulté technique à réaliser quelque chose et une sorte de ridicule de situation. Ça m’a toujours fait sourire.

Comment décrirais-tu l’ensemble et ce qu’il incarne ?

Pour moi, c’est vraiment une sorte de laboratoire qui fabrique des émotions. Ce que j’aime c’est le passage de quelque chose de très sophistiqué, qui peut être très complexe, à quelque chose de très évident, de très naturel dans l’exécution, mais qui doit toujours rester très touchant, transmettre beaucoup d’émotion.

Qu’est-ce que tu aimerais vivre ces prochaines années à 2e2m ?

J’espère continuer à être surpris, dans le bon sens du terme, et nourri par toutes les expériences qu’on peut vivre, que ce soit avec les compositeur·rice·s ou avec les autres musicien·ne·s. J’avoue que j’aime toujours autant ces rencontres et ces aventures qu’on vit dans cet espace de création.

Qu’est-ce qui t’attire le plus dans la création ?

Je dirais le travail collectif, avec d’autres êtres humains, pour arriver à aboutir à quelque chose d’émouvant, en dépassant toutes les difficultés techniques, les limites et petites contrariétés matérielles qu’on peut rencontrer. Et essayer de jouer avec ça pour en faire quelque chose de beau esthétiquement et de touchant musicalement.

Comment vois-tu la place de ton instrument dans un ensemble de création ?

La percussion est souvent placée au dernier rang, mais elle occupe paradoxalement une place physique très importante. Elle peut servir à énormément de choses : créer une base rythmique, apporter des couleurs sonores, donner de l’énergie, installer une matière, un climat.

Ce que j’aime particulièrement dans la percussion contemporaine, c’est cette richesse de possibilités. On peut changer d’instrument, de mode de jeu, de geste, de fonction musicale. Cela rend ce rôle très différent de certaines pratiques plus classiques, et c’est justement ce que je trouve passionnant.

À ton avis que peut apporter un fonctionnement en binômes ?

J’apprécie principalement la complémentarité qu’on peut avoir. Tous les percussionnistes ont forcément des accointances avec certains instruments plutôt que d’autres, ou même des styles musicaux différents : les claviers, les peaux, les percussions digitales, l’improvisation ou au contraire pas du tout, etc. Donc je trouve que c’est vraiment enrichissant pour un ensemble d’avoir plusieurs profils différents qui peuvent très clairement se compléter.

Qu’est-ce que tu as envie de dire au public pour l’inviter à nous découvrir ?

J’ai envie de leur dire simplement : venez vous faire surprendre !
C’est important, pour n’importe quel être humain, de sortir de sa zone de confort, de continuer à être stimulé, déplacé, étonné. On peut parfois croire que la musique contemporaine est difficile d’accès, mais elle peut aussi être très directe, très physique, très drôle, très émouvante. Il faut venir avec de la curiosité, et accepter de ne pas tout savoir à l’avance.

François Vallet
Peux-tu résumer ton parcours et expliquer ce qui t’amène à jouer dans un ensemble de création comme 2e2m ?

François Vallet— J’ai un parcours de musicien interprète assez classique. J’ai commencé la musique assez jeune, vers six ans je crois, puis je suis passé par les étapes école de musique, conservatoire. Ensuite, j’ai obtenu une licence à l’université de Montréal avant d’intégrer le CNSM de Paris pour mon master. Et ce sont les relations au cours de mon parcours qui m’ont amené à croiser le chemin de 2e2m. En fait, Alain (Huteau) préparait son départ de 2e2m et cherchait un 2e percussionniste pour avoir le temps d’une vraie passation. Du coup je sais qu’il a échangé avec Gilles Durot qui est soliste à l’Ensemble intercontemporain et Gilles lui a donné mon contact. C’était en octobre 2021 et c’est comme ça que j’ai commencé à 2e2m. Après, ça ne s’est pas fait non plus par hasard. Parce qu’en fait, en tant que percussionniste, on joue depuis toujours de la musique contemporaine et, après mon master au CNSM, je me suis aussi professionnalisé là-dedans. J’aurais pu mettre l’accent sur autre chose comme les concours d’orchestre mais, moi, ce qui m’intéressait c’était l’écriture musicale ⎼ je compose en autodidacte ⎼ et le développement du répertoire de musique contemporaine soliste et en musique de chambre. Je pense que c’est pour ça que Gilles a pensé à moi parce qu’il a senti que ça pouvait être intéressant pour moi de jouer avec l’ensemble.

As-tu une anecdote de ta rencontre avec les musicien·ne·s de 2e2m quand tu es arrivée ?

Je n’ai pas forcément une anecdote marquante de mes premiers concerts avec l’ensemble. Mais Alain Huteau était présent lors de mon tout premier concert. C’était à La Marbrerie. Et avant le début du concert, il m’a pris à part pour me parler de l’ensemble. L’une des premières choses qu’il m’a dites c’était que c’était un ensemble très familial. Avant même de parler de musique, c’était vraiment ça le plus important, que tous les musicien·ne·s s’entendent bien les un·e·s avec les autres, sinon ça ne colle pas. Et aussi ça m’a fait plaisir de voir qu’Alain m’a directement fait confiance. Parce que je me souviens, on était tous les trois sur ce concert, Alain, Clément et moi, et avec Clément on avait plaisanté sur le fait qu’il ne m’avait pas laissé la partie la plus simple. Ça m’a fait sourire et je me suis dit : c’est cool, ça veut dire qu’ils font confiance aux nouveaux !

Comment décrirais-tu l’ensemble et ce qu’il incarne ?

En fait, je suis complètement d’accord avec ce que m’a dit Alain ! Je me sens vraiment dans un ensemble très familial, c’est vraiment ça. À chaque fois que je revois les musicien·ne·s, quels qu’ils soient, je suis super content de les retrouver ! En fonction des projets, l’équipe varie mais c’est toujours plaisant d’être ensemble et il y a ce truc familial où on se sent à l’aise les uns avec les autres. Je trouve que l’ADN de l’ensemble, il est vraiment là, dans ce côté plaisir avant tout. Plaisir de se retrouver, de jouer ensemble. Et en même temps, à chaque fois, c’est unique aussi de par la diversité de ce qu’on joue, tout simplement. Après j’ai le sentiment qu’on est aussi dans une vraie période de mutation avec l’arrivée de nouveaux·lles musicien·ne·s et petit à petit le départ de celles et ceux qui ont été jusque-là garants des valeurs de 2e2m.

Qu’est-ce que tu aimerais vivre ces prochaines années à 2e2m ?

J’aimerais qu’on maintienne la diversité des programmes. Pouvoir, à chaque saison, avoir des moments en grand ensemble autour de gros projets où, je ne sais pas, on se retrouve à quinze musicien·ne·s. Mais aussi continuer de faire vivre des projets de musique de chambre ambitieux. Je pense par exemple au programme qu’on a joué à Musica : c’était génial ! En plus, moi, j’adore avoir du travail personnel : s’il n’y a rien à travailler, j’avoue, je m’ennuie un petit peu ! Donc, oui, j’aimerais qu’on garde cette diversité, qu’on continue à faire de belles choses et à être dans les rendez-vous importants. C’est ce que je souhaite à l’ensemble et j’ai envie de participer à tout ça.

Qu’est-ce qui t’attire le plus dans la création ?

Sur le plan personnel, c’est l’aspect challenge, le fait de toujours repousser mes limites, de faire de la recherche sur mon propre instrument. Ensuite ce qui m’intéresse aussi dans le processus de recherche plus global, c’est de découvrir de nouvelles sonorités, de nouveaux agencements de sons, de temps, de temporalités sonores et de faire de nouvelles expériences. Et, même sur une musique jouée par les mêmes personnes, avec les mêmes instruments, grâce à un nouveau traitement sonore, une nouvelle répartition des instruments, réussir à dégager une nouvelle émotion, un nouvel émerveillement. C’est ça qui m’intéresse vraiment. Et aussi le fait de se dire qu’on a toujours quelque chose à découvrir au niveau du son et de la musique.

Comment vois-tu la place de ton instrument dans un ensemble de création ?

Sans vouloir mettre les percussions en avant, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est un peu central, notamment par rapport au côté recherche et l’idée de trouver de nouvelles sonorités, parce que c’est un instrument tellement fourre-tout. C’est un peu un pilier, mais comme, pour moi, les percussions le sont dans la musique de manière générale. En fait, sans rythme, on ne fait pas grand-chose. Et puis j’ai l’impression que de manière générale dans la musique contemporaine, dans les ensembles, les percussions ont quand même un rôle important. Je sens que je suis à un endroit charnière de la musique. Et forcément, ça, c’est plaisant, parce qu’aussi ça facilite les échanges, les rencontres avec chacun des musiciens et musiciennes. En tout cas, c’est comme ça que je le vis et j’apprécie ce rôle.

À ton avis que peut apporter un fonctionnement en binômes ?

Honnêtement pas grand-chose si on ne se croise jamais ! Et j’avoue que malheureusement on a rarement l’occasion de jouer ensemble. La dernière fois que c’est arrivé, c’était lors du concert au conservatoire de Gennevilliers pour le départ de José Manuel López López. Et là, vraiment, c’était chouette ! Je souhaite à tous les instruments en binôme de pouvoir jouer ensemble parce qu’au-delà de jouer du même instrument et de partager la même histoire, ça crée quelque chose. En fait on construit ensemble un son, on crée l’identité du pupitre de percussions. Après évidemment il y a l’aspect rotation mais, ça, c’est plus pour le côté pratique. Mais c’est aussi un peu dommage car on n’a pas forcément toujours l’occasion d’aller écouter les concerts de l’un et de l’autre.

Qu’est-ce que vous avez envie de dire au public pour l’inviter à nous découvrir ?

À ceux qui sont déjà là, qui sont déjà curieux de découvrir de nouvelles choses, je leur dirais de continuer à venir nous écouter et à soutenir cet élan. Et pour ceux qui n’ont pas du tout l’habitude, de se jeter à l’eau ! D’habituer son oreille à être surpris dans un concert, d’être bousculé, d’être dérangé dans ses habitudes, je trouve que c’est quelque chose de merveilleux ! Ça dépend du type de pièce évidemment, mais il y a presque quelque chose de l’ordre du retour en enfance sur cet aspect d’être émerveillé, de se dire à la fin d’une pièce : « Waouh, c’était quoi ça ??? D’où ça vient ce son, cette énergie qui vient de se créer ??? Il s’est passé quelque chose ! » Et en fait, la musique contemporaine, c’est ça. C’est s’affranchir de nos habitudes, de notre écoute, notamment de la musique classique, tonale, pour aller plus vers du ressenti, de l’instant. C’est quelque chose qui est indescriptible. Il faut le vivre pour le comprendre. Et parfois il faut peut-être un ou deux concerts, une ou deux pièces, pour complètement oublier nos codes d’écoute et se laisser surprendre. Et je trouve qu’à partir du moment où on rentre dans cette envie d’être surpris, les concerts deviennent géniaux !

Interviews réalisées en juin 2026. 

Photos © Maëva Acolatsé et Céline Bodin